TroisTriangles
GrandPortage
CentreDentaire

Volume 13, Numéro 13 — Mercredi, 20 septembre 2017



Rite de passage
    

Vive le nouveau capitaine

Un grand vent de changement a soufflé sur Covivia dans les derniers mois. Le beau bateau a accosté au port pour laisser débarquer son capitaine aux commandes depuis neuf ans. Moi, en l’occurrence. Laissez-moi vous raconter ces dernières péripéties !

J’ai profité de cette vacance estivale pour réfléchir à mon implication dans Covivia. Il est devenu évident, au cours de la dernière année, que pour sa pérennité, le site web nécessite une mise à jour informatique et le webzine, une plus grande diffusion de son contenu sur les plates-formes virtuelles d’information. Cependant, l’enthousiasme pour entreprendre cette phase de développement ne s’est pas soulevé en moi. Plutôt, cela m’est apparu comme une tâche et une source de stress. Cette longue et profonde réflexion m’a menée à me départir de la propriété de Covivia. Je voulais la laisser entre les mains d’une personne compétente et surtout enthousiaste. Ce qui pour moi est l’élément essentiel de la créativité et de la persévérance, ces solides piliers de réussite.

Serge Grenier a accepté de prendre la relève. Serge est le webmestre et l’édimestre de Covivia depuis le tout premier numéro. Il est aussi un excellent correcteur et traducteur. Nous travaillons ensemble depuis près de trente années. J’ai pleinement confiance dans sa capacité de guider Covivia vers un auditoire plus large tout en respectant une croissance viable ainsi que la qualité des informations et des écrits que vous trouvez sur nos pages depuis le début de l'aventure. Il agira dorénavant aussi à titre d’éditeur en chef.

Pour ma part, je rédigerai avec joie la chronique « Penser pour panser ». Je vous y retrouve dans quelques instants. Pour le moment, j’invite Serge à rédiger ce premier mot de l’éditeur.

Renée Demers


Bonjour à toutes et tous,

Je me suis toujours considéré comme le « bras droit » de quelqu'un d'autre. Assumer la direction de Covivia, c'est certain que ça va me sortir de cette « zone de confort ». Je suis reconnaissant envers Renée Demers de m'accorder sa confiance pour la remplacer au gouvernail de Covivia et envers la vie de m'en donner la force.

D'une part, c'est une grande responsabilité car les attentes sont élevées et les défis nombreux. D'autre part, c'est aussi une grande opportunité pour moi de connecter avec les autres et de me faire une place dans le monde.

Une procédure qui va se faire « P'tit train va loin ».

Dans ce premier numéro de l'automne, Renée Demers parle de son cheminement et je parle du mien; Yves Gagnon nous raconte et surtout nous montre sa visite à l'enchanteresse Île Verte; Jean-Yves Dionne demande si nous avons assez d'iode et nous fournit quelques éléments de réponse; Daniel Laguitton, toujours sur les traces de Thomas Berry, explique l'importance fondamentale des récits cosmologiques.

Comme c'est le 25e anniversaire des Éditions Écosociété ces jours-ci, nous leur dédions les Suggestions de lecture de ce numéro du webzine. Écosociété occupe une place privilégiée dans notre coeur de libraire, car Jacques Viau en a été un des membres fondateurs et au début, leur bureau était situé dans les locaux de la librairie Biosfaire, elle aussi fondée en 1992.

Serge Grenier



Quand la fin approche l'enthousiasme disparaît
    

Renée Demers - Penser pour panser

Quand la fin approche l’enthousiasme disparaît

L’existence humaine est rythmée par des cycles tout comme la nature de laquelle son enveloppe physique participe. Quand je regarde ma biographie, j’observe plusieurs chapitres. Chacun d’eux a débuté minuscule, a grandi, a atteint une maturité et a décliné. Puis le vide s’est installé. Les forces formatrices en devenir ont puisé l’énergie dans le rien pour créer une prochaine étape de vie. De l’enfant à l’adolescente, de l’ado à l’adulte, de la femme à la mère, de la libraire à la rédactrice, de l’urbaine à la campagnarde, de la mariée à la veuve, de la coordonnatrice de Covivia à…

Au moment où je commence la conception de cet article, je suis dans le vide. J’ai pris la décision de me départir de la propriété de Covivia. À quoi me consacrerai-je dorénavant ? La réponse émerge tranquillement.

Mais comment savoir que le moment est venu de mettre fin à une situation de vie ?

L’enthousiasme est pour moi un bon indicateur de saine implication dans un projet. Avant la concrétisation d’une idée, il y a le rêve. On jongle avec la possibilité. On désire et on imagine comment se déroulerait cette intuition si elle prenait forme. On est enceinte. On planifie. Tranquillement, cette possibilité se fraie un chemin entre les mondes et elle apparaît dans la matière. Il faut au début la porter, la materner, la soutenir pour qu’elle s’enracine dans le réel et qu’elle génère sa propre énergie. Tout au cours de cette croissance, l’enthousiasme déploie sa puissance pour alimenter dans notre esprit, notre intellect, notre cœur et notre corps les forces créatrices. Portée par la joie de la créativité et le pouvoir de notre divinité, notre nature humaine possède le don de matérialiser ses désirs avec détermination et persévérance.

Puis le fœtus arrivé à maturité participe à sa propre destinée sous l’égide de son créateur. Une vitesse de croisière est atteinte. La phase de la conservation permet un enracinement profond et une floraison.

Cependant vient une période où l’intérêt pour l’œuvre s’estompe. Alors que jusque-là, la production et son inventeur se fécondaient l’un l’autre, voilà que le pétillement quitte la scène intérieure du créateur. Une lourdeur s’installe dans l’esprit du concepteur. Une réflexion s’impose. Est-ce possible de raviver l’enthousiasme ? Est-ce qu’un autre déploiement est envisageable sous sa coordination ?

Si la réponse est non, iI est temps de se retirer de cette entreprise.

Pissenlit
Photo : Danièle Laberge - Pissenlit

Dans cette décision à l’égard de Covivia, je meurs à une partie de moi. Un deuil se vit. Il survient à plusieurs reprises au cours d’une existence. Le récent diplômé qui commence son premier travail professionnel réalise le premier été venu que les vacances scolaires ne sont plus possibles. Il vit de la tristesse malgré l’excitation de cet emploi. La mère amoureuse du nouveau-né gazouillant pleure la liberté et l’insouciance de sa vie de jeune femme.

La période de vide entre deux occupations m’est inconfortable. Qu’arrivera-t-il maintenant ? L’anxiété ravive sa flamme. Quelle est cette place plus adéquate où je peux exercer ma créativité et mettre mes talents au service de la collectivité ?

Puis-je seulement prendre le temps d’être ici et maintenant présente à ce qui est, à cette phase énergétique de la destruction, à l’écoute de ce qui surgit dans un balbutiement à peine audible ? Puis-je apprécier cette décroissance ? Puis me poser et observer ma terre intérieure se régénérer ?

C’est là que mon cœur et mon esprit se situent au moment où j’écris ces lignes. Dans ce champ en jachère. Des oiseaux volent au-dessus. Le soleil s’y lève et s’y couche. Je suis assise et j’attends. Quand l’enthousiasme se soulèvera de nouveau, je le suivrai. Il m’indiquera la prochaine mission.

J’ai refait ce chemin une fois de plus en rédigeant ce texte. Un mois avant sa publication, je me demandais quelle en serait la thématique. Sept jours plus tard, l’enthousiasme a semblé être la clé qui stimulerait la réflexion créatrice. Une semaine s’est écoulée avec en tête, en esprit et dans le cœur cette notion d’enthousiasme tapie dans sa coquille. Je l’ai couvée. Elle appartenait encore à l’intangible. Puis les mots ont migré du bout de mes doigts au clavier. Un premier jet s’est imprimé en noir sur l’écran blanc. J’ai ressenti un soulagement. L’accouchement a eu lieu. Il reste à peaufiner le texte, à atteindre sa maturité. Le processus est sain. Je suis enthousiaste.

J’y suis revenue quelques fois depuis.

Et c’est ce que vous lisez maintenant. Telle une semence, elle se dépose dans votre esprit. Peut-être y produira-t-elle des fruits délectables ! Les habitants de cette belle Terre s’en régaleront.

Renée Demers
reneedemers@covivia.com


Ressources
Kangen
MarieJoseLeclerc
FloraMedicina

Nouvelle direction, même direction
    

Nouvelle direction, même direction

Quelques mots pour rassurer les personnes qui craindraient qu'un changement à la direction de Covivia implique nécessairement un changement de direction pour l'entreprise. En fait, ça fait longtemps que je chemine dans cette même direction.

En autant que je me souvienne, le webzine Covivia est un rejeton de la librairie Biosfaire, elle-même issue de la librairie Boule de neige, qui elle faisait suite au Centre de documentation de la Ruche (une coopérative d'alimentation naturelle de Sherbrooke).

Pierre Grenier travaillait dans ce centre de documentation et, comme moi, il siégait au conseil d'administration de La Balance1 où il y avait aussi un centre de documentation. Celui de La Balance avait été mis sur pied par les filles du comité de qualité afin d'y regrouper tous les documents accumulés dans le cadre de leur travail.

La fédération des coop visait plusieurs objectifs. L'un d'eux était d'améliorer la qualité et la disponibilité des aliments naturels à la grandeur de la province. Un autre était de diminuer le nombre d'intermédiaires entre la terre et la table.

Plus on fouillait la question alimentaire, plus on découvrait qu'elle était liée à de nombreuses autres questions. Les personnes impliquées dans ce réseau s'intéressaient non seulement à leur alimentation, mais aussi à la production et à la transformation de ces aliments, à la question des sage-femmes, aux garderies, aux écoles alternatives, aux médecines douces, aux pistes cyclables, aux sciences marginales et aussi à la spiritualité. Bref, à peu près le même « mix » d'information que l'on retrouvait dans la revue « Mainmise » à ce moment-là.

Ces thématiques ont été reprises, précisées et améliorées par Boule de neige, puis par Biosfaire et maintenant elles continuent de former la base de notre ligne éditoriale à Covivia.

Grenier et Daigneault
Serge Grenier et Normand Daigneault,
membres fondateurs du groupe d'achat des Sanzalures, circa 1975.
Photo : Isabelle Brabant

Après la Balance, je me suis intéressé à l'informatique. J'ai vite compris qu'il ne suffirait pas d'apprendre à utiliser les ordinateurs, il faudrait aussi apprendre à les programmer. J'ai consacré une bonne partie de ma vie à développer des logiciels sur mesure pour les petites entreprises. Je m'étais donné comme mission d'offrir aux petites entreprises des services informatiques qu'à cette époque seules les grandes entreprises pouvaient se permettre.

Je me suis occupé de toutes sortes d'entreprises : un journal local, une fabrique d'enseignes, une manufacture de granit, un laboratoire d'optique, une futonnerie, un centre d'art, etc. Puis le hasard a voulu que je reprenne contact avec Pierre Grenier et Jacques Viau en 1988. Je me suis occupé du logiciel de gestion des librairies Boule de neige et de Biosfaire jusqu'à leur fin respective. Il est possible que sans mes logiciels, elles n'auraient pas pu tenir le coup aussi longtemps.

En fait, pour moi ce n'étaient pas que des clients. Je me voyais comme un partenaire. Grâce à mes services informatiques, je contribuais à la diffusion d'idées qui me tenaient à coeur.

Souvent, je travaillais sur place dans la librairie. Il arrivait parfois qu'un client passe pour poser une question à Jacques Viau. La plupart du temps, au bout de quelques minutes, il n'y avait plus un mouvement dans la librairie, tout le monde étant suspendu aux lèvres de Jacques qui déversait sur le monde quelques bribes de sa vaste érudition.

Serge GrenierSerge, 40 ans plus tard
Photo : Valéry Latulippe

Il se peut que plusieurs ne partagent pas cet émerveillement qui me submerge quand j'observe la grandeur de l'univers et de ses infinies possibilités. Cela ne me pose aucun problème. Toutefois, je n'ai pas l'intention de diluer le contenu de Covivia pour faire plaisir au plus grand nombre et attirer davantage de lecteurs et lectrices. Je vise plutôt à la fois à concentrer et à diversifier ce contenu afin que les personnes qui s'y intéressent y trouvent leur compte de plus en plus.

Voilà, c'est ça le plan !

Merci et bonne lecture...

Serge Grenier,
serge.grenier@gmail.com

P.S. N'hésitez pas à m'envoyer vos commentaires, suggestions, encouragements.

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1. La Balance : la fédération des coopératives et groupes d'achat d'aliment naturel du Québec, qui comptait plus de 15 000 membres à la fin des années 70. 



Une île enchanteresse
    

Champs libres

Une île enchanteresse

Diane va

Je vous quittais le printemps dernier en pleine période d'inondations avec un manifeste intitulé S'adapter à l'inconscience. J'y relatais que « du haut de ma montagne, je constate la colère des éléments. »

J'ajouterais en cette fin d'été, en pleines séquences d'ouragans dévastateurs : Vos dieux vous parlent, ne les entendez-vous point?

Je n'ai fait que cela cet été, m'adapter. M'adapter aux turbulences du ciel, à la pluie persistante, m'adapter aux vents violents, aux plantes saccagés, aux ravageurs et aux maladies, m'adapter au ruissellement, à l'érosion, au ravinement. Je fus toutefois épargné par la foudre assassine, les arbres cassés et la grêle vandale.

Mon jardin fut prodigieux malgré tout, se remettant de ses épreuves avec résilience, avec l'aide bienveillante de ses amants, toujours volontaires pour servir la vie, malgré les sévices que lui inflige notre espèce.

Le jardin fut d'une générosité déconcertante. Une récompense de fruits mûrs, de chairs tendres et sucrées, de semences porteuses d'espoir.

Afin de minimiser notre impact sur le climat, nous tentons bien humblement, à notre échelle, de réduire notre empreinte de carbone : en en enfouissant des molécules dans nos sols sous forme de matière organique, en plantant des arbres (23 000 jusqu'ici sur notre terre) et en réduisant l'usage de notre voiture.

Une seule entorse à notre engagement à la carboneutralité : ce besoin viscéral de venir frayer chaque été, une fois le jardin établi, sur les rives du Saint-Laurent, notre source d'énergie et d'inspiration, d'intériorité et de dévotion.

Nous avons choisi cette année de passer quelque temps sur L'Isle-Verte qu'on gagne en traversier à partir de la côte sud, plus précisément à partir de la municipalité de L'Isle-Verte, sise entre Rivière-du-Loup et Trois-Pistoles, à la hauteur de Tadoussac.

Le phare

Une fois traversé le chenal qui sépare l'île de la côte, le charme opère. L'île, longue d'une quinzaine de kilomètres, est étroite. Ses habitations rappellent celles des Îles-de-la Madeleine avec ses bardeaux et ses déclins colorés souvent bâties selon une architecture traditionnelle.

La beauté est là, tout autour. Elle nous remplit en permanence. Les horizons nous invitent à nous y vautrer. Nos regards, d'une plus grande acuité, nous permettent de saisir l'essence des perspectives fluides qui s'offrent à nous, peu importe où nous nous trouvons sur l'île. À partir du phare érigé sur la côte nord de l'île, on peut marcher sur la grève, tant à l'est qu'à l'ouest.

L'immensité est stupéfiante, altérant ma notion d'espace. Jour après jour, nous arpentons les rivages de l'île, nous nous fondons à sa minéralité, perdant peu à peu le besoin de dire, la splendeur se suffisant à elle-même. Un jour, me dis-je, les Hommes comprendront.

Les roses

Je vous laisse avec quelques photographies qui parlent de la beauté de l'île mieux que je saurais le faire. Elles sont suivies d'un poème qui évoque mes sentiments lorsque je communie avec la beauté du monde, au cœur de l'estuaire.

En bordure

Roche cerveauRoches allongées

Roches escalierLa main dans l'eauL'indien

Roches rougesRoche solitaire

En selle
Sur la proue de l'île
J'ai mal au ventre
Tellement c'est beau

Le couchant dramatique
Bouleverse mon intérieur
Me rend serein et léger
Imperturbable
Pourvoit l'essentiel

Je décale mes pas
Pour contourner les iris
Question d'éviter de piétiner
La beauté du monde
Comme tant s'y prête

Les yeux noyés dans le couchant
Je tourne au jaune
Une petite chaleur
Un câlin au coeur
Le temps que plonge le soleil
Au coeur de l'estuaire
Le temps que se pulvérise
Mon égo déconcerté

Roche veinée

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

Île Verte - Tourisme

Thématiques : Tourisme vert



Avez-vous assez d’iode ?
    

JeanYvesDionne

Avez-vous assez d’iode ?

L’ iode est un élément primordial à la santé de la glande thyroïde. Lorsque nous manquons d’iode, le corps réagit en augmentant la taille de la thyroïde. C’est ce qu’on appelle un goitre (masse bénigne située au bas du cou).

Ça, c’est ce que j’ai appris à l’école. Mais il semble que l’effet de l’iode soit beaucoup plus complexe et varié que ce que l’on croyait. D’ailleurs, on lui attribue aujourd’hui des rôles dans la prévention des kystes et des cancers du sein1 ainsi que dans le fonctionnement des glandes salivaires et du thymus2.

La petite histoire du sel iodé

L’iode (I2) est présent dans l’eau de mer, mais pas dans le sel de mer. Pourquoi? Parce qu’il est volatile. Il s’évapore donc lors du séchage du sel. Pour obtenir du sel iodé, on doit y ajouter de l’iodure de potassium (KI), beaucoup moins volatile que l’iode pur. L’iodure de potassium a également l’avantage d’avoir un goût moins prononcé et de ne pas modifier la couleur du sel (l’iode varie en couleur du violet au brun).

Le sel iodé, le premier aliment fonctionnel fortifié, a été créé en 1924 en Amérique (et depuis plus longtemps en Suisse) pour pallier la carence en iode qui était alors très fréquente. Le principal symptôme de carence en iode, le goitre, est aujourd’hui pratiquement disparu.1,3

Iode « synthétique » ou « naturel »?

Le sel iodé est-il bon pour vous? On entend parfois dire que l’iode « synthétique » (KI) du sel iodé est moins bon que l’iode « naturel » (I2). Eh bien, c’est faux. Une fois en solution dans l’organisme, ces 2 formes libèrent le même iode ionique (I). Vous avez bien lu: le même. Il est identique. Ensuite, un transporteur dans l’intestin se lie à l’iode (I) et le fait pénétrer de façon active dans l’organisme.4

Donc, lorsqu’on comprend la chimie et la physiologie, on se rend bien compte qu’il n’y a pas de différence pour le corps entre le I provenant de l’iode « synthétique » et celui provenant de l’iode « naturel ».

Et le potassium (le K du KI)? Cet élément est nécessaire à une bonne santé cardiovasculaire et la plupart d’entre nous n’en mangeons pas assez. Donc, c’est un plus!

Sel iodé ou sel de mer?

Par contre, si l’iode ionique (I) est identique qu’il provienne du KI ou du I2, il faut tout de même prendre en considération les autres ingrédients du sel de table. Eh non, tous les sels de table ne sont pas égaux! Si l’iode qu’ils contiennent est bien absorbé, les autres substances qu’on y additionne ne sont pas toutes bonnes pour vous!

En effet, le sel de table iodé est souvent additionné d’agents antiagglomérants comme du trisilicate d’aluminium (oui, oui, on vous fait manger de l’aluminium!) ou du sucre.

Quand aux sels bruts comme les sels de mer ou de terre (ex: sel de l’Himalaya), ils sont plus riches en divers minéraux (comme le magnésium) que le sel de table qui, à la base, n’est que du NaCl (chlorure de sodium).

Pour en savoir plus sur la consommation de sel:

Le sel que j’utilise

Chez moi, j’utilise un sel de mer iodé (le meilleur des 2 mondes!) qui contient du sel de mer, de l’iodure de potassium (KI) et du carbonate de magnésium (MgCO3). Pour varier, j’aime aussi utiliser divers sels comme du sel rose, ou noir, ou rouge…

Qu’est-ce que l’iodine nascent?

Iodine est le mot anglais pour iode; nascent est la traduction de natif. Donc, « iodine nascent » signifie « iode natif ». Il faut remonter en 1913 pour trouver des mentions de cette forme d’iode dans des traitements.5 Certains sites mentionnent qu’Edgar Cayce serait à l’origine de cette utilisation.6

Qu’a-t-il de spécial?

La « particularité » de l’iode natif serait de contenir l’iode sous forme ionique (I). Sur le marché, l’iode natif est disponible en solution:

  1. dans l’eau (à une concentration minime – maximum 0,03% – puisque l’iode est peu soluble dans l’eau);
  2. dans l’alcool (il s’agit alors d’une banale teinture d’iode qu’on nous vend avec un nom de fantaisie et à prix élevé).

Finalement, l’iode natif n’a rien de spécial à part son marketing. Si vous voulez vraiment un supplément d’iode, demandez à votre pharmacien de la teinture d’iode (concentration de 2,5% à 10%) ou de la solution Lugol (jusqu’à 15%).

Quelle est la meilleure source d’iode?

Les meilleures sources d’iode sont les produits de la mer: algues, poissons et fruits de mer. Lorsqu’un supplément est nécessaire, la solution Lugol et la teinture d’iode sont des sources acceptables.

L’iode est aussi absorbé par la peau, mais attention, ça tache!

Combien d’ iode devrait-on prendre?

Au Canada, l’apport nutritionnel de référence pour un adulte est de 150 mcg (microgrammes) d’iode par jour. Les opinions sont partagées à propos de ce dosage. En effet, dans le New England Journal of Medicine de 2006, on propose 400 mcg comme apport pour obtenir les effets santé désirés.7 On sait qu’au Japon, où les habitants sont de grands consommateurs d’algues, l’apport alimentaire peut facilement dépasser plusieurs milligrammes (mg) par jour.1 Avec les dernières découvertes sur les rôles de l’iode (kystes, cancers du sein, glandes salivaires et thymus), on peut présumer que les apports de référence seront appelés à augmenter.

Santé Canada propose un apport maximal tolérable de 1000 mcg (1 mg) par jour. Ça n’empêche pas certains médecins et thérapeutes de proposer des dosages beaucoup plus élevés.

Est-ce dangereux?

Les apports plus élevés, chez les Japonais par exemple, sont associés à une légère augmentation de l’hypothyroïdie. Des doses quotidiennes de l’ordre de 20 mg (20 000 mcg) ont été associées au développement de nodules dans la thyroïde.

Ajoutez-y du sélénium

Le sélénium est le minéral qui joue en tandem avec l’iode. Donc, si vous augmentez vos apports en iode, assurez-vous d’avoir suffisamment de sélénium pour ne pas déséquilibrer votre ratio iode/sélénium.8 Mieux vaut consulter un professionnel compétent en supplémentation avant de commencer. D’ailleurs, si vous pensez que votre iode est trop bas, pourquoi ne pas simplement manger régulièrement des algues?

Santé!

Jean-Yves Dionne

Références:

  1. Monograph. Altern Med Rev. 2010 Sep;15(3):273-8. Review. PubMed PMID: 21155628. http://www.altmedrev.com/publications/15/3/273.pdf
  2. Venturi S, Venturi M. Iodine in evolution of salivary glands and in oral health. Nutr Health. 2009;20(2):119-34. Review. PubMed PMID: 19835108. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19835108
  3. Group E. Iodine in Salt: Why Is It Added? June 11, 2014. https://www.globalhealingcenter.com/natural-health/iodine-in-salt/#1
  4. Nicola JP, Carrasco N, Masini-Repiso AM. Dietary I(-) absorption: expression and regulation of the Na(+)/I(-) symporter in the intestine. Vitam Horm. 2015;98:1-31. doi: 10.1016/bs.vh.2014.12.002. Review. PubMed PMID: 25817864. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25817864
  5. Bedford PW. The nascent iodine treatment of Lupus Nasi. Br Med J. 1913 Apr 12;1(2728):767. PubMed PMID: 20766583; PubMed Central PMCID: PMC2298920. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2298920/
  6. IodineSupplementation with Nascent Iodine https://www.naturodoc.com/nascent_iodine.htm
  7. Utiger RD. Iodine nutrition–more is better. N Engl J Med. 2006 Jun 29;354(26):2819-21. PubMed PMID: 16807421. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16807421
  8. Köhrle J. Selenium and the thyroid. Curr Opin Endocrinol Diabetes Obes. 2015 Oct;22(5):392-401. doi: 10.1097/MED.0000000000000190. Review. PubMed PMID: 26313901. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26313901

Thématiques : Alimentation, Santé



Sur les pas de Thomas Berry - Un axe, c’est bien, deux, c’est trop
    

Sur les pas de Thomas Berry

Un axe, c’est bien, deux, c’est trop

Alors que l’orchestre Covivia entame une nouvelle saison sous la baguette de Serge Grenier, son nouvel éditeur et rédacteur en chef auquel je souhaite maintes saisons lyriques inspirantes, je tiens d’abord à remercier Renée Demers d’avoir fondé l’orchestre.

Je me suis demandé si j’allais continuer la série « Sur les pas de Thomas Berry » ou sacrifier à l’appétit ambiant (aux frontières de la gloutonnerie) pour la variété et l’innovation. Le titre inchangé de cette chronique est ma réponse à cette question et traduit ma conviction que le besoin d’innovation n’est nulle part mieux servi que dans le plaidoyer convainquant de Thomas Berry en faveur de la seule innovation qui nous sauvera du désastre : celle de comprendre que la survie de nos enfants et petits enfants repose sur un changement radical de notre manière d’habiter la maison commune.

Le chapitre 10 de son ouvrage-clé, The Dream of the Earth [Le rêve de la Terre], est intitulé « Le nouveau récit ». Les sociétés humaines s’édifient en effet autour de récits cosmologiques fondateurs qui répondent à la première question de la quête de sens : « d’où venons-nous ». L’importance cruciale d’un tel axe du monde est parfaitement illustrée par Spencer et Gillen, deux anthropologues australiens de la fin du XIXe siècle, qui rapportent une tradition aborigène selon laquelle une tribu nomade transportait toujours avec elle le tronc d’un gommier qu’elle plantait en terre avant d’établir son campement tout autour. Cet « axe du monde » s’étant un jour brisé, les membres de la tribu furent si désemparés qu’ils se dispersèrent et se laissèrent mourir.

Dans les mots de Thomas Berry : « Tout est une question de récit. Les problèmes que nous éprouvons aujourd’hui découlent du fait qu’il nous manque un bon récit. Nous sommes actuellement entre deux récits. L’ancien récit, celui qui rendait compte des origines du monde et de la manière dont nous en faisons partie a cessé d’être efficace, sans que nous ayons encore appris le nouveau. Le récit traditionnel des origines de l’univers nous a longtemps servi de référence. Il a contribué à former nos attitudes émotionnelles, a nourri notre sens de la vie et nous a motivés à l’action. Il a aussi servi à donner à la souffrance un caractère sacré et à intégrer les savoirs. En nous réveillant chaque matin, nous savions où nous étions et nous étions en mesure de répondre aux questions que nous posaient nos enfants. Il nous permettait aussi de définir ce qui constituait un crime, de punir ceux qui transgressaient les lois. Tout était encadré par l’ancien récit. Cela ne veut pas dire que tout le monde était nécessairement bon et que la douleur et la stupidité avaient disparu ou que les rapports étaient nécessairement chaleureux entre les humains. L’ancien récit offrait un contexte au sein duquel la vie pouvait avoir un sens. »

Les récits cosmologiques auxquels se référaient les diverses sociétés humaines depuis plusieurs millénaires, bien que différents au niveau des aspects culturels qui en dictaient la chorégraphie et les décors, reposaient sur une perception du monde comme mécanisme immuable assemblé par des personnages divins conçus à l’image de l’homme, même s’il était affirmé, au contraire, que les humains étaient créés à l’image des dieux. C’est au XIVe siècle que la redoutable pandémie de peste noire infligea à l’ancien axe du monde une fracture dont il ne se remettra pas. En quelques années, avec plus d’une centaine de millions de morts à l’échelle d’une planète qui ne comptait qu’environ 430 millions d’humains, un schisme qui n’a jamais été réduit depuis s’amorça entre la science et la religion.

« De la réponse donnée à la peste et aux autres désordres sociaux des quatorzième et quinzième siècles se dégagent deux grandes orientations : l’une pointe vers une rédemption d’ordre religieux, l’autre vers un meilleur contrôle du monde naturel afin d’échapper à la souffrance et de mettre davantage ce monde au service de l’humanité. Les deux communautés culturelles dominantes des derniers siècles se sont édifiées selon ces deux axes : la communauté religieuse des croyants et la communauté séculière avec son nouveau savoir scientifique et sa puissance industrielle d’exploitation du monde naturel. »

Tout comme le proverbe turc qui affirme que « deux capitaines peuvent faire couler le navire », dans une société à deux axes, on s’aperçoit vite que quelque chose ne tourne pas rond, en particulier lorsque le nouvel axe scientifique, avec la découverte de l’évolution, change si fondamentalement la donne : « l’Occident prit soudain conscience du fait que les formes de vie antérieures étaient de nature plus simple que les formes plus tardives et que ces dernières constituaient une évolution de celles qui les précédaient. L’ensemble complexe des manifestations de la vie n’avait pas été mis en place depuis les origines par un acte créateur d’origine divine. Tous les éléments de la Terre et, en particulier, les formes de vie qui l’habitent étaient dans un état de constante transformation ».

Mais une autre surprise attendait les tenants d’un savoir objectif triomphant lorsque « les scientifiques réalisèrent tout à coup que la matière ne pouvait plus être considérée comme opaque. La science cessait d’avoir pour finalité ultime la compréhension d’une réalité externe, mais devenait un moment de communion subjective où l’être humain apparaissait, dans le cadre de l’évolution, comme siège d’une prise de conscience de l’univers par lui-même. »

Sans toujours le réaliser, la science redécouvrait alors que tout est lié et que, selon la formule la plus célèbre de Thomas Berry, « le monde est une communion de sujets et non une collection d’objets ». Corollaire de cette découverte, il n’existe pas de frontière absolue entre l’observateur et « sujet » d’observation, car ob-server, c’est, à la lettre, servir totalement, relation épurée de volonté propre où l’art et la science se rejoignent. Il s’agit évidemment ici de la science dans ses modalités contemplatives les plus nobles et non du bricolage high-tech d’apprentis sorciers en quête de pouvoir, de prestige et d’argent comme les fabricants de porcs humanoïdes auxquels on prête trop souvent le titre de savants. Deux noms d’éminents représentants de cette Science majuscule me viennent à l’esprit : Niels Bohr et Albert Einstein.

Coat of Arms of Niels Bohr
Blason de Niels Bohr

Signe éloquent, le blason du physicien Danois, prix Nobel de physique en 1922, comportait le symbole taoïste taijitu et la devise Contraria sunt complementa (les contraires sont complémentaires), quant à Albert Einstein, prix Nobel de physique en 1921, il écrivait dans les années trente : « J’éprouve l’émotion la plus forte devant le mystère de la vie. Ce sentiment fonde le beau et le vrai, il suscite l’art et la science. Si quelqu’un ne connaît pas cette sensation ou ne peut plus ressentir étonnement ou surprise, il est un mort vivant et ses yeux sont désormais aveugles. Auréolée de crainte, cette réalité secrète du mystère constitue aussi la religion. Des hommes reconnaissent alors quelque chose d’impénétrable à leur intelligence, mais connaissent les manifestations de cet ordre suprême et de cette beauté inaltérable. Des hommes s’avouent limités dans leur esprit pour appréhender cette perfection. Et cette connaissance et cet aveu prennent le nom de religion. Ainsi, mais seulement ainsi, je suis profondément religieux, comme ces hommes ». Il est clair que les deux axes mentionnés plus haut se rejoignent ici.

Pour Thomas Berry, le nouveau récit de la création développé au sein de la communauté scientifique est l’équivalent moderne des récits de création de l’antiquité. « Ce nouveau récit de la création diffère davantage des récits eurasiens traditionnels que ces derniers ne diffèrent entre eux et il semble appelé à devenir le récit universel qui sera enseigné à tous les enfants qui recevront une éducation moderne formelle où que ce soit dans le monde. »

« Un nouveau paradigme est en train de redéfinir le sens même de l’appartenance au genre humain et c’est précisément ce qui est à la fois tellement excitant, mais aussi tellement douloureux et dérangeant. […] Nous ne disposons plus, pour la transmission intergénérationnelle de valeurs, des techniques d’initiation qui servaient à transmettre les visions et valeurs des générations antérieures aux générations suivantes. Les générations successives ont pourtant toujours besoin d’aide pour pouvoir jouer véritablement leur rôle au fil de l’aventure des processus planétaires. […] Nous avons besoin d’un programme pour aider les jeunes à se connaître dans le contexte spatio-temporel global. »

Comme Einstein dans la citation présentée plus haut, Thomas Berry est d’avis que le monde scientifique et le monde religieux ont une assise commune et qu’en s’élevant au-dessus des rhétoriques sectaires des religions et de la science, « un nouveau langage plus intégral concernant l’être et les valeurs peut voir le jour ».

« Si la manière de procéder de la civilisation et de la religion occidentales a connu une phase d’isolement élitiste et de différentiation par rapport aux autres règnes et par rapport à la Terre, la phase qui nous attend en est une de communion intime avec la communauté humaine dans son ensemble et avec l’univers. »

DanielLaguittonDaniel Laguitton
Abercorn, Qc

Thématiques : Écologie, Spiritualité



Suggestions de lectures
    

Comme c'est le 25e anniversaire des Éditions Écosociété ces jours-ci, nous leur dédions les Suggestions de lecture de ce numéro du webzine. Écosociété occupe une place privilégiée dans notre coeur de libraire, car Jacques Viau en a été un des membres fondateurs et au début, leur bureau était situé dans les locaux de la librairie Biosfaire, elle aussi fondée en 1992.



Sur la toile
    

The Science of Acupuncture BBC Documentary Traditional Chinese Medicine

This is an Acupuncture documentary by BBC.
You will see tradicional chinese treatments, different healing methods as Qi Gong, Tai Chi Chuan and also a heart surgery without anesthetic, only using acupuncture.

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Stanley Vollant : De Compostelle à Kuujjuaq


La minisérie documentaire Stanley Vollant : De Compostelle à Kuujjuaq suit le parcours inspirant de Stanley Vollant, premier médecin autochtone du Québec.

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6 règles d'or pour que votre cerveau continue de fabriquer de nouveaux neurones

Saviez-vous que, à n'importe quel âge, votre cerveau a le pouvoir de fabriquer en permanence de nouveaux neurones ? A condition de respecter quelques principes.

La production de nouveaux neurones ne s'arrête jamais. Des chercheurs ont observé que dans une région du cerveau impliquée dans la formation des souvenirs et la gestion des émotions - l'hippocampe -, les anciens neurones étaient remplacés par d'autres, fraîchement produits à partir de cellules souches. Et chacun de nous aurait ce potentiel, quel que soit notre âge.

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The Torus & Toroidal Flow extract from Thrive 2011 documentary

This is an extract from the documentary Thrive 2011 describing « THE TORUS » and « TOROIDAL FLOW ». Everybody can watch and understand the significance of this free unlimited energy.

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Ghis on Personal Sovereignty and Immortality with Hugh Reilly

Elle en a fait du chemin notre Ghis. La voici dans une entrevue (en anglais), à Toronto. Elle y résume assez bien l'idée de souveraineté personnelle et de décrochage des croyances qui maintiennent notre esprit en prison, coupé de sa réalité fondamentale.

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Volume 13, Numéro 13 — Mercredi, 20 septembre 2017
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