Flèche gauche
Volume 13, Numéro 18 — Mercredi, 29 novembre 2017
Flèche droite  


TroisTriangles
Kangen
CentreDentaire

Volume 13, Numéro 18 — Mercredi, 29 novembre 2017

agrandir
Un joli minou de Saint-Paul-de-Vence

Photo : Jacqueline Martin
Un joli minou de Saint-Paul-de-Vence



Amour, humeur et humour
    

L'amour, c'est ça la bonne idée.
Collectivement, c'est ce qui nous manque le plus.

Pour mieux aimer, ça aide d'être de bonne humeur
et pour être de bonne humeur, ça prend une bonne dose d'humour...

Justement, il faut avoir le sens de l'humour assez développé pour accepter
que ce qui se passe autour de nous, c'est la meilleure chose qui pouvait arriver.

Ou bien on peut tout simplement être lucide.

Renée Demers a appris que l'un des principaux apports de la pratique de la méditation, c'est la lucidité. Alors, dans ce numéro, elle plonge avec sa lucidité habituelle dans ce que ça signifie être lucide.

Diane Mackay explique que l'herbe souveraine, à la table comme à l'officine, c'est le balilic. Elle commence par l'historique de la plante, puis en passant par l'usage, les dosages et les précautions, elle se rend jusqu'à la génétique, la culture, la récolte et la transformation. Et tout ça finit en pistou!

Pour ma part, j'ai préparé un petit sondage que je vous invite à remplir maintenant. Généralement, le meilleur moment pour faire quelque chose, c'est maintenant. L'idée, c'est qu'on fait tout ça pour vous et que la façon la plus simple de savoir ce que vous voulez, c'est de vous le demander.

Enfin, dans la section Sur la toile, la NASA nous montre que les effets des changements climatiques se voient mieux d'en haut, même si on en ressent les effets surtout ici-bas. Mais ne vous en faites pas, Neale Donald Walsch explique qu'il faut pas prendre tout ça trop personnel. Tout comme les gens de la tribu khasi en Inde qui construisent des ponts de racines vivantes, un travail qui s'étire sur des décennies et qui servira davantage aux générations futures qu'à celle dont ils font partie. Aux Pays-Bas, l'université d'Utrecht a décidé d'atteindre l'auto-suffisance en énergie, alors elle a mis les étudiants à contribution, littéralement. Et pour finir en beauté, je vous présente Julia Westlin et son amoureux David Meshow, des musiciens remarquables habiles autant avec l'image qu'avec le son.

Voilà, bonne lecture !

Serge Grenier, éditeur
gestion@covivia.com



Lucidité
    

Renée Demers - Penser pour panser

Lucidité

Je rapportais à des amies au cours d’un cercle de parole que la Bhagavad-Gita enseignait que l’un des principaux apports de la méditation est la lucidité. Et que cela correspondait à mon expérience. L’une des personnes présentes me demanda alors : qu’est-ce que c’est que la lucidité ? Celle-ci étant de langue maternelle anglaise, je traduisis par « lucidity ».  Je connais le mot, me répondit-elle, mais qu’est-ce que cela signifie vraiment ? Cela a été l’inspiration pour ce texte.

Qu’est-ce que la lucidité ?

Le Petit Robert définit ce mot comme suit :
1. Qualité d’une personne, d’un esprit lucide. V. Acuité, clairvoyance, clarté, pénétration, perspicacité.
2. Fonctionnement normal des facultés intellectuelles. V. Conscience
Antonyme : Aveuglement, démence, égarement, illusion, ivresse, passion.

Alors là si la méditation favorise la lucidité telle que décrite ici, je m'y mets. Tout de suite, sans attendre. Je pense même que je laisse tomber le projet d’écriture de ce texte… Petite manifestation égoïstique... continuons notre exploration altruiste.

Antidote y va de cette définition :
Qualité d’une personne lucide, perspicace. La lucidité surprenante d’un centenaire.
État d’une personne lucide, consciente dont les facultés intellectuelles fonctionnent normalement. Les moments de lucidité du schizophrène.

Plus prosaïque. Mais bon on est dans l’efficacité virtuelle avec Antidote. Tout de même, allons y voir aussi l’adjectif lucide pour nous éclairer un peu…

Lucide :
Vieux et soutenu – Lumineux, translucide
Moderne – Caractérisé par des facultés intellectuelles intactes. Une personne âgée lucide. Les moments lucides alternaient avec les moments de folie
Courant – Qui exprime ou comprend les choses avec pénétration, perspicace, clairvoyant. Un jugement lucide.

Saurais-je vieille joueuse ? Je privilégie la luminosité, la translucidité, mais aussi la femme pratique se reconnaît dans le courant pénétrant, perspicace et claivoyant. Cette recherche de sens étymologique me donne de plus en plus le goût de méditer. Vraiment !

Et qu’en est-il de la provenance ?
Antidote nous informe que la langue française a emprunté ce vocable au latin classique « lucidus », clair ; du latin classique lucis, génitif de lux, « lumière ».

Et si on regardait du côté des Anglais dans le Webster’s New Twentieth Century Dictionary Unabridged:
1.Lucid: (lucidus, light, clear, from lucere, to shine)
2.shining; bright; resplendent; as, the lucid orbs of heaven (Poet.)
3.clear; transparent; as, a lucid Stream
sane; mentally sound
4.(a) clear; distinct; presenting a clear view easily understood; as, a lucid order or arrangement (b) clearheaded; rational; as, a lucid thinker
5. in astronomy, visible to the naked eye: said of a star.

Dans mon entendement, la lucidité est un état brillant de l’esprit qui rend toute chose plus claire. Elle apporte de la clairvoyance, du discernement et favorise la justesse du jugement. Elle permet de voir la réalité telle qu’elle est et elle élimine les fantasmes en les reconnaissant comme tels. Elle éclaire. Elle permet de prendre de la distance et elle donne de la perspective, en percevant les éléments avec leur contour dans la vastitude. Une fois allumée, la lampe dévoile au lieu du serpent appréhendé, la corde posée sur le sol. Rien n'est changé, si ce n'est que l'éclairage. 

Krishna explique à Arjuna dans la Bhagavad-Gita que la nature est constituée de trois qualités et que tout ce qui participe de la nature traverse ses différentes phases. La lucidité ou la lumière (sattva), la passion ou l’agitation (rajas) et les ténèbres ou la torpeur (tamas). En développant la lucidité, on perçoit de plus en plus ces trois qualités à l’œuvre dans la nature, dans notre nature et dans le cosmos.

Crocus sur neige
Photo : Danièle Laberge - Crocus sur neige

Il ne s’agit pas d’aspirer à n’expérimenter que l’état de lucidité, car cela est impossible quand on vit dans un corps sur la Terre. La lucidité permet à notre intelligence de discerner ces trois phases. Par exemple, la semence dans un état de torpeur depuis déjà un certain temps dans le fond du sachet, une fois semée dans les ténèbres de la Terre se ravive pour sortir au soleil sous la forme d’une plante et la lumière la parfera jusqu’à la fleur, quintessence lumineuse de beauté. De la plante parvenue à maturité dans la lumière, des semences retomberont sur la terre. Si les conditions le permettent, elles se raviveront. Récoltées, elles s'endormiront. Moi de même, toutes les nuits je refais mes forces dans les ténèbres, au matin je m’éveille à la lumière, je m’active durant le jour et je m’endors de nouveau quand vient le soir. Nous retrouvons la même séquence dans l’existence humaine. Dans la Bhagavad, Krishna invite Arjuna et nous lecteurs et lectrices, à observer le déroulement de ces trois phases. Sans s’attacher à l’une ou à l’autre.

La lucidité est aussi à l’œuvre dans la connaissance. La connaissance illumine. En se passionnant pour la musique, en développant la théorie musicale, Beethoven a composé des œuvres musicales qui élèvent l’âme. La gynécologue-obstétricienne à cause de son brillant savoir peut opérer une césarienne et sauver la vie d'une parturiente dont le bébé menace la vie. C’est parce que j’ai été attentive aux caractères sur le papier dans l’enfance que j’ai appris à lire. La  connaissance des textes sacrés jette une grande luminosité dans mon esprit. L’aspiration à la lumière peut aussi devenir toxique quand le désir d’éclat permanent se transforme en dépendance à la drogue ou au sexe. L'extase aussi peut être addictive.

En m’assoyant tranquille, les sens ouverts, en étant présente à ce qui est, je suis de plus en plus consciente. Car ce sont mes organes de sens, les yeux, les oreilles, le nez et la bouche qui me permettent de prendre conscience de l’environnement. À travers eux l'énergie lumineuse circule. Il m’apparaît de plus en plus clairement dans l’état méditatif que je projette les patrons de mon esprit sur mon entourage et que je formate ce que je perçois par ces sens dans l’exacte mesure de mes conditionnements. Ces ouvertures sont des lieux par lesquels la lumière peut circuler, soit pénétrer et se propager et la méditation aide à nettoyer leur surface. Enlever la poussière et ses motifs qui font que la lumière n’est pas réverbérée telle quelle. La Bhagavad ajoute deux ouvertures. Le sexe et l’anus. C’est d’ailleurs dans l’ouverture sexuelle que j’ai eu mes premiers accès conscients à la lumière cosmique. C’est une porte puissante. En m’unifiant avec l’autre, en activant ce vortex d’énergie, en le liant à celui de cœur, en affectionnant l’autre, les frontières de nos êtres matériels s’estompent. L’énergie sexuelle m’a donné mes premiers bains dans l’océan cosmique lumineux et aimant. C’est sans doute l’une des raisons pour laquelle une majorité d’entre nous s’y accroche. C’est tellement bon.

There is a crack in everything 
That's how the light gets in
Leonard Cohen, Anthem (1)

Quand la lumière de la connaissance rayonne dans le corps à travers toutes ces portes (sens), alors, assurément, la sattva prédomine.
Bhagavad-Gita, chant XIV – 11

La contemplation m’a révélé aussi que la torpeur en moi prenait la forme de l’ennui. État gris presque noir ténébreux. J’ai subi des phases d’ennui toute ma vie jusqu’à tout récemment sans vraiment comprendre pourquoi cet état de désintérêt s’installait en moi. En méditant, il m’est apparu comment cette humeur était un relent de la disposition dépressive de mes ancêtres. Celle-ci se manifestait chez moi non par des envies suicidaires, mais par cet ennui dans lequel tout devient morne et dans lequel je me retrouvais désœuvrée. La lucidité a dispersé le brouillard de la torpeur. En réalisant quelle était la nature de cette détresse, elle est disparue. Comme si ce sort jeté sur moi s’était évanoui. Je dois cette conscience à la méditation.

Je perçois aussi plus clairement les états d’agitation dans mon mental. Alors que je suis assise en méditation, des pensées circulent. Si je m’enfarge dans l’une d’elles, d’autant plus si elle est liée à un état émotif et que j’y réponds, je me retrouve prise au beau milieu d’un rêve éveillé dédaléen sans aucune réalité. Je suis prise dans un état agité et anxieux. Si je reviens à la respiration si je porte mon attention à l’espace plus vaste dans lequel ces pensées apparaissent et disparaissent, le calme s’installe. Je peux aussi constater la différence dans le quotidien entre ces états agités qui ne mènent nulle part si ce n’est qu’à la dispersion et à la fatigue nerveuse et, l’action dynamique dictée par la situation présente et au rôle juste que j’y exerce. Alors les agirs nécessaires sont baignés dans les non-agirs bienfaisants. Et les non-agirs relaxants sont entrelacés d’agirs efficaces.

1. Anthem

Renée Demers
reneedemers@covivia.com

Références:

  • La Bhagavad-Gita, suivie du commentaire de Sankara (extraits)
    Traductions d’Émile Senart et de Michel Hulin, Éditions Points, 2010
  • The Bhagavad-Gita, Krisnha’s Counsel in Time of War
    Translated by Barbara Stoler Miller, Bantam Classics, 1986

Thématiques : Spiritualité


Ressources
FloraMedicina
DivineEssence
ChantalBeaulieu

Publicités
    

Conférence avec Chanchal Cabrera

Courriel : info@guildedesherboristes.org - Site web : www.guildedesherboristes.org

Thématiques : Herboristerie



Le basilic
    

Le basilic

Herbe souveraine
À la table comme à l’officine

Fleur de basilic
Photo : Danièle Laberge

Historique

Originaire d'Afrique centrale et d'Asie du Sud, le basilic était vénéré des anciens Grecs qui le réservaient aux souverains. Le terme basilic viendrait d'ailleurs du mot grec « basilikon » qui signifie royal. On évoque également comme origine le serpent venimeux nommé basilic. Dioscoride rapportait qu’en Afrique on frottait du basilic sur les morsures de serpent comme contrepoison.

Dès le XIIe siècle, les Romains l’incorporaient généreusement dans leurs préparations culinaires pour prévenir les flatulences ainsi que pour augmenter la qualité et la quantité du lait des nourrices. À cette époque, il était connu dans le Midi de la France, mais ce n'est qu'à partir du XVIe siècle qu'il fut reconnu comme plante culinaire en Europe.

Il apparut en Amérique avec la colonisation. Ironiquement, le basilic avait mauvaise presse au Massachusetts à la fin du XVIIe siècle : ainsi à Salem, le simple fait de trouver des plants de basilic en culture dans un jardin entraînait une accusation de sorcellerie.

Un plant de basilic de Gênes
Photo : Diane Mackay - Un plant de basilic de Gênes

Usages et dosages

Au XVIe siècle en Allemagne, les naturopathes utilisaient une infusion chaude de feuilles de basilic pour combattre la bronchite et la toux, même dans les cas de coqueluche; ils recommandaient l’infusion froide bue à petites gorgées contre la fièvre. Aujourd’hui encore, on reconnaît ses propriétés antivirale et expectorante pour les affections du système respiratoire; on le conseille pour dégager le mucus et soulager la toux.

Mais le basilic est surtout un allié des systèmes nerveux et digestif. L'herboriste Danièle Laberge recommande d’infuser une sommité fleurie par tasse d'eau bouillante qu'on boit dans les cas d’indigestion et de nausées ainsi que pour soigner l’aérophagie et les flatulences.

Grâce à ses vertus carminatives, il facilite la digestion et prévient les gaz, les fermentations et les ballonnements. On peut le jumeler à des sommités fleuries de sarriette pour des problèmes de flatulence chronique ou pour combattre les douleurs gastriques et la constipation d'origine nerveuse. On consommera alors une tasse d'infusion 3 fois par jour.

On emploie aussi le basilic comme tonique contre la fatigue nerveuse, les troubles du sommeil, les vertiges, les angoisses, l’irritabilité et la dépression. Il apaise, calme et améliore la concentration. Pour soulager les maux de tête et les migraines, on peut en prendre en interne tout en appliquant des compresses de feuilles sur les zones douloureuses.

Pour un usage thérapeutique, on recommande de n’employer que les feuilles et les sommités fleuries de basilic frais car, une fois déshydratées, elles perdent une partie de leurs huiles essentielles. La macération des feuilles et des sommités fleuries fraiches dans du vinaigre à 7 % d’acide acétique ou dans de l’alcool à 40 % donnent des extraits liquides dans lesquels se conserveront ses précieuses huiles essentielles.

Il est recommandé de prendre de 5 à 10 ml de vinaigre par jour ou de 3 à 10 gouttes de teinture de 1 à 6 fois par jour. L’huile essentielle pure de basilic n’est pas recommandée en interne, mais diluée dans une huile végétale, on peut l’appliquer sur les articulations douloureuses; la dose recommandée est de 4 à 6 gouttes par jour.

Les feuilles fraiches mâchouillées ou triturées, appliquées en cataplasme, réduisent l’inflammation et la douleur des piqûres d’insectes. En compresse, l’effet antiseptique du basilic soigne les boutons d’acné.

Précautions

À cause de son effet emménagogue, le basilic est à éviter en dosage thérapeutique durant les premiers mois de grossesse. On soupçonne également l’eugénol, une huile essentielle qu'il recèle, de posséder des effets mutagènes. On comprendra que l’utilisation du basilic sous forme d’huile essentielle est à proscrire à la femme enceinte. On ne recommande pas non plus le basilic en concentré pour un jeune enfant ni pour une mère allaitante.

Génétique

Membre de la famille des lamiacées, les basilics aromatiques – également médicinaux – font partie de l'espèce Ocimum basilicum qui se ramifie en dizaines de cultivars. Seulement chez le semencier Richters, on en trouve près de quarante. J'en ai expérimenté plusieurs dans mon jardin de Saint-Didace depuis des décennies. J'ai adopté le basilic de Gênes pour accompagner la tomate sous toutes ses formes et pour préparer des réserves de pistou, de vinaigre et de teinture, du basilic boule à petites feuilles – Pistou, Green Globe ou Spicy Globe – pour sécher, du basilic Thaï pour aromatiser les plats asiatiques, du basilic citron et du basilic pourpre – Rosie ou Rubin – pour consommer frais dans les salades et en faire de colorés et savoureux vinaigres aromatiques.

Un semis de basilic pourpre
Photo : Diane Mackay - Un semis de basilic pourpre

Les basilics communs à larges feuilles atteignent 60 cm de hauteur alors que le basilic à petites feuilles dépasse rarement 30 cm de hauteur.

Culture

On cultive le basilic en plein soleil, à l'abri du vent. On l'établit dans un endroit différent d'une année à l'autre. Il lui faut une terre riche, humide, mais bien drainée. Exigeant en éléments nutritifs, on le fertilise avec un bon apport de compost mûr et on l'irrigue au besoin.

Contrairement à une idée reçue, le basilic ne doit pas être cultivé entre les plants de tomate, car il nuirait à la circulation d'air à la base des plants ce qui pourrait entraîner le développement de maladies fongiques chez la solanacée. On peut cependant l'installer en petits massifs à l'extrémité des planches de tomates ou en association avec des fleurs. Dans une plate-bande ornementale, le vert luisant du basilic de Gênes et le rouge foncé du basilic pourpre ajoutent de la beauté et du contraste à l'aménagement.

Semis de basilic
Photo : Diane Mackay - Semis de basilic

Pour une récolte estivale, on peut démarrer le basilic par semis intérieur au début de mai ou se procurer des plants à la fin de mai. Les semences de basilic germent à la chaleur en une semaine. Lorsque les plantules ont développé 4 feuilles, on les repique dans un terreau de croissance. On les transplante au jardin idéalement lorsque le mercure ne descend pas sous la barre de 10 °C la nuit. On peut aussi procéder par semis direct. On sèmera alors en juin, lorsque le sol est bien réchauffé.

Le basilic se cultive en pot à condition de lui octroyer un terreau riche en compost mûr. Un arrosage régulier lui est essentiel. Un pot profond de 30 cm de diamètre convient pour un plant de basilic commun ou 3 plants de basilic à petites feuilles.

Après une période d'acclimatation, lorsque le sol est bien réchauffé et que les risques de gel sont passés, on transplante les plants au jardin aux 45 cm pour les basilics communs et aux 25 cm pour le basilic à petites feuilles.

Lorsque la tige principale aura développé une dizaine de feuilles, on peut couper la tige juste au-dessus des avant-dernières feuilles; les bourgeons à l'aisselle de ces feuilles produiront 2 nouvelles tiges. Par la suite, pour stimuler le développement du feuillage, on pincera les boutons floraux. Ces 2 opérations rendront le plant plus touffu. Il n'est pas nécessaire de tailler le basilic à petites feuilles.

En appliquant un paillis, on limite les besoins en arrosage et on récolte des feuilles moins terreuses; il faut cependant être prudent avec les paillis qui encouragent la présence des limaces et des perce-oreilles, des ravageurs friands du basilic. Un binage régulier limitera aussi l'évaporation de l'eau tout en contrôlant les herbes compétitrices.

Les feuilles de cette annuelle frileuse développent des taches foncées lorsque la température chute sous les 10 °C; il importe donc de faire ses réserves pour la cuisine et la pharmacie familiale lors de la belle saison. Si on désire cultiver du basilic à l’intérieur, il est préférable de le semer au début d'août plutôt que de rentrer un plant du jardin. On placera les jeunes plants près d'une fenêtre ensoleillée. Pour optimiser la croissance, on les placera sous des fluorescents de sorte que les plants aient accès à 16 heures de lumière par jour. On doit s'assurer que le terreau demeure bien humide. Des vaporisations foliaires à l'eau contribuent à la qualité du feuillage.

Récolte et transformation

Vinaigres aromatiques
Photo : Christian Rouleau - Vinaigres aromatiques

Le basilic succombe dès le premier gel. Dans les régions tempérées, on récolte le basilic en juillet et en août lorsque la qualité des feuilles est maximale. On le cueille par temps chaud et sec, le matin après la rosée. Pour un usage médicinal, on laissera les fleurs se développer et on utilisera les feuilles et les sommités fleuries pour en préparer des vinaigres ou des teintures.

Pour le séchage, je préfère de loin le basilic à petites feuilles. On peut le sécher en petits bouquets suspendus à l'envers. Toutefois, le résultat sera supérieur si on utilise un déshydrateur. À basse température, le basilic sèche en moins de 2 jours. On conservera les feuilles déshydratées dans une boite de métal ou un pot de verre à l'abri de la lumière. Durant l'hiver, on l'emploie pour assaisonner les sauces tomate et les pizzas ou pour préparer des infusions.

Pour conserver intégralement la saveur du basilic, je recommande la préparation de pistou qu'on peut congeler dans des moules à glaçon ou dans des petits pots de verre. Le pistou assaisonne admirablement les sauces tomate, les terrines végétales, les vinaigrettes, les pâtes ainsi que les plats mijotés. En voici la recette.

Dans le mélangeur, broyer de 4 à 6 gousses d'ail pelées dans 180 ml d'huile d'olive. Puis ajouter graduellement 360 ml de feuilles de basilic frais lavées et bien essorées, jusqu'à l'obtention d'un mélange homogène.

Pistou
Photo : Diane Mackay - Pistou

Pour conserver le pistou, le congeler dans des moules à glaçons; une fois gelés, transférer les petits cubes dans un sac à congélation.

Que ce soit pour sa valeur gastronomique ou médicinale, le basilic demeurera toujours une vedette de nos jardins. Sa croissance facile et rapide l'a rendu incontournable. Si autrefois on la réservait aux souverains, aujourd'hui, cette lamiacée est accessible à tous et à toutes.

Basilic au jardin
Photo : Danièle Laberge - Basilic au jardin

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage

- - -

Bibliographie :

  • GAGNON, Caroline et LANCTOT-BÉDARD Valérie (2003) Materia medica pour sorcières et sorciers avertis…, Flora medicina.
  • LACASSE, Odette (1994) Plantes médicinales et aromatiques de nos jardins. Éditions Broquet.
  • MICHAUD, Lili (2015) Les fines herbes de la terre à la table. Éditions Multimondes.
  • MONETTE, Solange (1996) L'encyclopédie visuelle des aliments. Éditions Québec/Amérique
  • O'REILLY, Moïra (2004) Interactions, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. 2e édition. L'Herbothèque inc.
  • SCHNEIDER, Anny et LABERGE, Danièle (2007) Ces fleurs qui soignent. Les éditions Publistar.

Vous aimez le jazz ?

Moi aussi ! D'ailleurs, mon prochain texte en traitera.

Ivanhoe Jolicoeur, un fabuleux trompettiste montréalais, lance son nouvel album créé avec son groupe Bathyscaphe au Dièse Onze le samedi 2 décembre à 18 h. Du jazz à son meilleur ! J'y serai !

Yves Gagnon

http://www.dieseonze.com/

Thématiques : Alimentation, Herboristerie



Qu'en pensez-vous?
    


Sur la toile
    

Our living planet from space

NASA Time-Lapse Video Shows Stunning Effects of Climate Change

The Earth is a living, breathing planet.

Climate change can be hard to recognize up-close, on a human scale — the storms, floods, and heat waves it causes can seem, on a year-to-year basis, like slightly more intense versions of past events.

If you zoom out, however, the effects of climate change become more apparent. That’s what NASA has been doing for decades now. Through its satellites, particularly the Sea-viewing Wide Field-of-view Sensor (SeaWiFS), the US space agency is able to track planetary-scale events over long periods of time.

Take Action: Call on World Leaders to Help Millions of People Affected by Extreme Weather

[ Source ]


Your Life Is Not About You

Why do we struggle to be in peace with ourselves throughout life? Neale Donald Walsch, the best-selling author of Conversations With God, has a simple answer for that.

[ Source ]


D'incroyables ponts de racines vivantes en Inde

Seriez-vous prêt à travailler sur un projet qui ne sera pas terminé avant votre mort? C'est ce que fait la tribu khasi, dans la forêt tropicale du nord-est de l'Inde. Ces hommes et ces femmes ont appris à guider et tresser patiemment les racines vivantes des arbres pour bâtir des ponts. Certains seraient plus vieux que la ville de Montréal.

Pont de racines vivantes


Un reportage de Thomas Gerbet, de retour d'Inde

[ Source ]


Aux Pays Bas, les salles de sport se transforment en centrale électrique

Plus fiable que l’énergie solaire ou éolienne, la force humaine est toujours disponible. Il n’y a qu’à voir les salles de sport. Avec leur projet de centrale électrique humaine, deux Néerlandais démontrent qu’il y a là une alternative sociale et économique intéressante.

Cinq minutes de sport = 3 heures de lumière.

Centrale électrique aux vélos

[ Source ]


Dusk Till Dawn - reprise acapella

Julia Westlin et David Meshow, une belle histoire d'amour et de la musique envoûtante.

(Si vous ne les connaissiez pas, vous en avez pour des heures de plaisir à les découvir.)

[ Source ]



Il n'est jamais trop tard pour...
    

... vous abonner à notre liste d'envoi,
si vous ne l'avez pas déjà fait :

 

- - -

... faire une contribution monétaire,
si vous en avez les moyens :

(Autres options de paiement)

- - -

... m'écrire pour avoir notre grille de tarifs publicitaires,
si vous voulez communiquer votre message à nos lecteurs et lectrices :

Serge Grenier
gestion@covivia.com