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L'agripaume, une plante de coeur

L'agripaume, une plante de coeur

L'agripaume cardiaque, Leonurus cardiaca, élue plante médicinale de l'année 2014 au colloque de la Guilde des herboristes, est une plante vivace, généreuse et facile à établir. On en prépare une teinture très utile pour la santé des femmes. Lors de la ménopause, elle équilibre le taux d'hormones et elle soulage les bouffées de chaleur et les insomnies. Tonique utérin, elle régularise le cycle menstruel ; alliée appréciée en fin de grossesse et lors de l'accouchement, elle soulage les douleurs pré et post-partum et elle stimule les contractions de l'utérus. Son nom commun anglais, Motherwort, signifie herbe de la femme, herbe de la mère. Marie Provost, directrice de la Clef des Champs, en parle comme de la plante qui vient nous prêter main-forte lorsqu'on aurait envie d'appeler notre mère à la rescousse. Incidemment, l'agripaume, également l'amie du coeur, apaise l'angoisse et les palpitations cardiaques. Enfin, l'extrait liquide rétablit l'équilibre physique et psychique.


Photo : Danièle Laberge

Avant de prendre de l'agripaume, il faut savoir qu'elle peut interagir avec les médicaments pour le coeur et la tension artérielle ainsi qu’avec les anticoagulants.

Elle peut aussi faire chuter la pression artérielle. Elle est contre-indiquée pendant la grossesse (sauf à la fin) et elle peut provoquer des saignements après un accouchement ou lors de la ménopause.

Originaire d'Asie centrale, on l'utilisait déjà en Chine 500 ans av. J.-C. sous la dynastie Zhou pour régulariser le cycle menstruel. En Grèce antique, au VIIe siècle, on la cultivait dans les jardins des monastères. Elle est aujourd'hui acclimatée dans les jardins d'Europe et d'Amérique du Nord où on la retrouve à l'état sauvage dans les sols riches et humides, souvent près des clôtures et des haies des lieux habités. Dans la Flore laurentienne, 2e édition, on spécifie que c'est une plante domestique qui ne s'éloigne pas de l'homme, (ni du cheval...)

Cheval et agripaume
Photo : Danièle Laberge

Plante rustique, facile à introduire dans le jardin, elle peut même devenir envahissante. Ses graines germent en près de 10 jours. On la transplante à 20 cm sur le rang et à 40 cm entre les rangs dans un sol bien amendé en compost dans un secteur ensoleillé ou à demi ombragé. On l'arrose régulièrement en début de croissance, pour assurer une production de feuilles de belle qualité. Elle tolère bien la sécheresse.

Je laisse cette lamiacée s'établir en bordure du jardin près du brise-vent où elle apprécie l'ombre de l'après-midi. J'ai même trouvé des plants échappés de culture dans des zones plus ombragées encore. Cette grande herbacée se ressème facilement et se propage par ses organes souterrains. Sa tige dressée atteint parfois plus d'un mètre. Les premières feuilles sont plus grandes et formées de cinq lobes alors que les feuilles supérieures qui se développent le long de la tige carrée sont plus petites et trilobées. Les petites fleurs bilabiées, roses ponctuées de rouge poussent bien serrées autour de la tige supérieure. Elles nourrissent les insectes butineurs et les auxiliaires. Je ne lui connais pas d'ennemis ou de maladies.


Photo : Danièle Laberge

On récolte les sommités fleuries pour le séchage ou la transformation, mais, lors de l'effeuillage, il faut se méfier des sépales à dents épineuses. Je vous suggère de tailler les tiges sèches à la fin de l'été pour éviter une prolifération exagérée de l'espèce. Vous remarquerez que les feuilles de la base restent bien vertes même sous les premières neiges.

Diane Mackay Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste
Les Jardins du Grand-Portage


Références:
Je me soigne avec les plantes sauvages médicinales, Anny Schneider, Groupe Homme. 2011
Materia Medica, C. Gagnon, V. Lanctôt-Bédard et coll., Flora Medicina  2002-2003


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Volume 10, numéro 13 — Mercredi, 10 septembre 2014
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